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Portrait de Sauveteur en Mer – IV- Rémi FANTIN

– Rémi, comment as-tu intégré la SNSM ?
J’ai toujours porté de l’intérêt pour le sauvetage. A 15 ans, j’ai passé mon brevet de secouriste à la Protection Civile et participé à ses activités dans ma région d’origine.
Bandolais depuis 1979 et plaisancier, j’ai intégré la station de Bandol en 1996 comme équipier sur la SNS 227, puis sous-patron sur la 265.
Parallèlement, j’ai été nommé Trésorier en 1999 et Vice-Président en 2009 après la disparition de notre ami Philippe MAUGEZ.
Je suis également le Trésorier référent pour le Var. Ces deux fonctions étant particulièrement prenantes je m’y consacre totalement depuis plusieurs années.

– Des souvenirs particuliers de certains sauvetages ?
Chaque sauvetage a son histoire mais je garde un souvenir particulier d’un week-end de Pâques à l’époque sur la SNS 227.
Le mistral soufflait fort et nous avons réalisé 9 sorties en 2 jours !
Lors d’une intervention ce week-end-là, nous avions été alertés pour porter assistance à deux personnes à califourchon sur une petite coque retournée. Lorsque nous sommes arrivés derrière l’Ile de Bendor nous avons effectivement aperçu deux personnes accrochées à une coque retournée dans une mer déchainée. Au moment de notre approche, une vague plus forte que les autres, les a projetté à l’eau dans une mer à 12°. A l’époque, nous n’avions pas comme aujourd’hui de plongeurs à bord et il a fallu une manœuvre audacieuse du patron Hubert BOOTZ pour récupérer par la plage arrière les deux personnes. Les conditions étaient telles que leur chance de survie aurait été mince. C’est ce type d’opérations qui font dire que notre engagement n’est pas vain.

– Tu es Trésorier depuis bientôt 20 ans, on dit souvent que c’est une tâche ingrate
Il est vrai que c’est une fonction qui demande beaucoup de rigueur mais elle est passionnante car elle permet d’être l’acteur de l’évolution d’une station. Lorsque j’ai pris mes fonctions en 1999, le budget annuel de la station était de 3 000 Euros et la comptabilité se faisait avec un papier et un crayon ! Beaucoup de choses était à mettre en place, notamment la recherche et la fidélisation des donateurs, l’activité promotionnelle. 

J’ai également suivi toute l’évolution administrative de la SNSM, avec au fil des années la mise en place d’une comptabilité informatique et centralisée au niveau du siège. Aujourd’hui, le budget annuel de fonctionnement de la station est de l’ordre de 80.000 Euros avec une comptabilité établie par la station sur un logiciel comptable avec comptes généraux et analytiques, et des comptes qui sont vérifiés par des Commissaires aux Comptes puis par la Cour des Comptes. Autant dire que la rigueur doit être permanente dans la gestion financière de la station !

Le rôle d’un trésorier, c’est également de travailler en symbiose parfaite avec le Président et le Patron, d’être à l’écoute pour pouvoir répondre aux besoins des équipes opérationnelles pour que le meilleur niveau d’équipements, de formation, d’entretien du matériel soit permanent. La confiance entre le Président le Patron et le Trésorier doit également être totale, ce qui est le cas à Bandol et c’est certainement là l’une des clés du bon fonctionnement de la station de Bandol qui fait référence au niveau national.

– Comment s’est déroulé le financement de la nouvelle vedette
L’acquisition de notre nouvelle vedette la SNS 164 a été effectivement un véritable challenge !

Lorsque nous avons pris la décision avec le Président et les Patrons fin 2011 d’envisager de doter la station d’un nouveau moyen de sauvetage, nous sommes partis quasiment de rien. Lors de la signature en Janvier 2012 du Plan d’Epargne projet avec le siège, la station s’engageait à réunir 50 % du budget total de la construction soit près de 500 000 Euros, l’autre partie étant financée par des subventions. Nous avions un prévisionnel de 8 ans pour réunir la somme et mettre en chantier la construction.

La problématique était au niveau de la trésorerie de mener plusieurs actions de front, à savoir, de réunir les fonds nécessaires pour la nouvelle vedette tout en maintenant le niveau financier pour l’entretien opérationnel des deux moyens de la station avec notamment la SNS 265 , qui étant à mi-vie , nécessitait une attention constante, puis de préparer les équipages pour cette nouvelle vedette en renforçant la formation et les équipements individuels, sans oublier de prévoir le budget de fonctionnement de plusieurs mois à partir du jour où la nouvelle vedette flotterait dans les eaux Bandolaises.

Avec la participation de tous, nous avons réussi à réunir les fonds en l’espace de 5 ans au lieu des 8 prévus et nous avons pu mettre en chantier la SNS 164 en 2017.

Je vous laisse donc imaginer mon émotion lorsque le 6 Avril dernier à bord de la SNS 265, j’ai vu se profiler dans le coucher de soleil en baie de Bandol notre nouvelle vedette qui arrivait à son port d’attache !

– Tu est donc un trésorier heureux !
Oui bien sûr, mais il n’est pas question de s’endormir sur nos lauriers ! 

Mon souci constant est de continuer à maintenir un bon niveau de trésorerie pour assurer le budget annuel de fonctionnement de la vedette, de la formation et de l’équipement des sauveteurs tout en préparant l’avenir, avec à terme, le remplacement de notre actuel semi-rigide.
Il y a encore beaucoup à faire !

Rémi FANTIN est Chevalier de l’ordre du Mérite Maritime, il a reçu deux médailles de bronze pour acte de courage et dévouement, il est aussi titulaire de l’insigne d’honneur de la SNSM

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