LES MEDIAS AU SECOURS DE LA SNSM – LA PRISE DE CONSCIENCE SUR LA RÉALITÉ DU SAUVETAGE EN MER

Une situation inédite

Rendez-vous compte, c’est à 8000 bénévoles qu’on a confié le sauvetage de vies humaines en mer.
8000 bénévoles mais professionnels par le haut niveau de qualification obtenu par l’expérience et surtout par une formation continue et des entrainements poussés. 8000 bénévoles a qui on demande, de surcroît, de prendre en charge et d’assurer le financement de leurs moyens d’intervention et de leurs équipements.

Vous pensez que c’est impossible, que ces informations sont forcément erronées. 
Et pourtant c’est la réalité du Sauvetage en Mer dans notre pays.

Ces hommes et ces femmes, bénévoles,  qui n’hésitent pas à prendre la mer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, quelles que soient les conditions météo, pour aller porter secours à des personnes en difficultés, qu’ils soient marins professionnels, plaisanciers ou simples baigneurs sur les plages, ne demandent rien  à titre personnel, ils veulent seulement pouvoir le faire dans les meilleures conditions de sécurité, pour eux-mêmes comme pour les victimes à qui ils partent porter assistance.

Alors doivent-ils, au delà de leur engagement de sauveteur en mer, aller quémander pour pouvoir effectuer correctement les missions qui leur sont confiées.
La réponse est évidemment NON.

Il y a un avant et un après

Jusqu’à maintenant, on pouvait imaginer que le public n’était pas suffisamment informé. Ils étaient nombreux ceux qui étaient encore persuadés, malgré de nombreuses campagnes d’informations, que la SNSM était un corps d’état, au même titre que les pompiers ou d’autres unités de la gendarmerie dédiées au sauvetage en montagne par exemple.  Et bien non, il faut le redire sans cesse, les Sauveteurs en Mer de la SNSM sont tous bénévoles. Ils ne perçoivent strictement rien pour accomplir leur mission.

Il aura fallu ce drame affreux des Sables d’Olonne et que tous les médias,  au delà de l’information que constitue la disparition tragique de ces trois hommes valeureux, s’emparent de l’affaire et décident de mettre en lumière ce à quoi nous sommes confrontés, presse écrite, télés, radios, réseaux sociaux, tous, à coup d’interviews et de reportages, pour qu’enfin plus personne  ne puisse ignorer la situation du sauvetage en mer dans notre pays.

A quoi faut-il faire face

Le budget de la SNSM s’élève pour 2019 à 32 millions d’euros .
L’état qui dans un passé lointain prenait à sa charge environ 50% des besoins sous forme de subventions, avait progressivement réduit sa participation pour atteindre seulement 8% depuis une dizaine d’années avant de remonter pour atteindre 20% en 2018, soit un peu plus de 6 millions d’euros.
La SNSM qui ne compte que 85 salariés pour 8000 bénévoles doit déployer une énergie considérable pour ramener les 26 millions d’euros que représentent les 80% de financement manquants.
Les sources de financement privé sont diverses, mécénat, entreprises impliquées, particuliers divers, plaisanciers, professionnels  de la mer. 
La flotte vieillissante oblige aujourd’hui à lancer la construction de 70 nouveaux bateaux, dont 40 canots tout temps,  pour un coût unitaire moyen de 1,5 Mio €. 
Cela représente un investissement considérable qui a commencé à être  provisionné depuis plusieurs années. 
Les autres postes importants sont les équipements, les formations des sauveteurs, l’entretien des bateaux

Les solutions

donnait les grandes lignes de ce que pourraient être les sources à venir de ce financement.
Il était pointé du doigt la faible mobilisation des plaisanciers pour aider les Sauveteurs en Mer, avec seulement 12% de propriétaires de bateaux qui font un don.
Si nous mettons en perspective les 950 000 bateaux immatriculés en France au 31 aout 2016 avec les 110 000 plaisanciers donateurs (dont seulement 50 000 contribuent de façon régulière), on voit bien qu’il y a un sérieux problème.
Que 88 % des plaisanciers (activité de loisirs) ferment les yeux sur les difficultés que rencontrent ceux qui sont censés les secourir et les sauver est profondément dérangeant.

On le voit bien, si l’ensemble des 950 000 propriétaires de bateaux immatriculés faisaient un don annuel de 30 euros, défiscalisés à 66%, soit l’équivalent d’une place de cinéma, le problème du financement de la SNSM serait résolu.

Alors faut-il instaurer une nouvelle taxe aux usagers de la mer comme le préconisent certains ?

Plutôt que créer une nouvelle taxe, pourquoi ne pas réaffecter des recettes déjà existantes ?. Les gros bateaux de plus de 7 mètres sont soumis à un droit annuel de francisation (DAFN), qui rapporte chaque année plus de 50 millions d’euros à l’Etat. Sur cette somme, 37 millions sont consacrés à la préservation du littoral. Il reste 13 millions qui vont directement dans les caisses de l’Etat, alors pourquoi ne pas en reverser une bonne partie au sauvetage en mer qui est une mission régalienne de service public.
Et pourquoi pas une fiscalité même minime pour la délivrance des cartes de circulation des bateaux de moins de 7 m qui représentent près de 80% des bateaux immatriculés et qui ne sont assujettis à aucun droit de navigation.
Enfin, une taxe sur les assurances, serait aussi une solution à condition de la rendre obligatoire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

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