Le stress

Toutefois les réactions varient selon les individus : 12 à 20 % des personnes restent relativement calmes et réagissent de façon adaptée dans un premier temps. Les autres peuvent être anxieuses, sembler abasourdies, se concentrer sur des points de détail, être agitées de tremblements, se laisser aller à la colère ou à la panique jusqu’à se jeter à l’eau

Dans un deuxième temps certains vont exprimer leurs sentiments, d’autres vont nier leur situation, chercher à dépendre de quelqu’un, devenir complètement apathique ou ne penser qu’à un détail (montre cassée…)

La peur est une réaction humaine normale et utile à condition de la maîtriser : respirez doucement et profondément par le nez, expirez à fond doucement, poumons vidés, bloquez la respiration, avant d’inspirer de nouveau.

Dans un groupe il est impératif de calmer le tout début de panique en restant calme et maître de soi : maîtrisez si besoin est, sans violence, toute personne y cédant. Faites faire  à l’équipage des tâches simples qui l’occupera, focalisera son attention et lui permettra de surmonter plus facilement sa peur.

Il faut rester organisé et discipliné, étudier les différentes options et rester prêt au pire mais surtout ne jamais renoncer ni s’avouer vaincu.

Les 10 commandements du plaisancier

La plaisance est une activité de détente mais il ne faut pas pour autant la prendre à la légère.
Retrouvez ici une liste de conseils primordiaux à appliquer avant de prendre la mer et pendant la navigation.

Avant de prendre la mer

1. Vérifiez l’état du navire après hivernage et en particulier lorsqu’il s’agit d’une location pour éviter les mauvaises surprises.

2. Contrôlez les équipements de sécurité dont la place et le fonctionnement doivent être connus de tous afin d’être rapidement et efficacement utilisés.

3. Possédez des moyens radio VHF fiables et contrôlez-les
Grâce à eux, vous pouvez contacter les capitaineries, alerter les CROSS, parler avec les secours et être localisé par les sauveteurs. Si vous ne possédez pas de VHF faites le 196 sur votre téléphone portable pour alerter les secours.

4. Ayez toujours à bord de votre bateau pour votre survie : boisson, nourriture, pharmacie et vêtements de protection.

5. Prenez la météo avant d’appareiller : Météo marine, France Inter, Météo France ou messages du CROSS, indispensables pour prévenir les variations météorologiques rapides.

6. Renseignez-vous sur les conditions locales. Prenez contact avec la capitainerie.

Pendant la navigation

7. Le port du gilet de sauvetage doit être systématique.

8. Vous naviguez en famille : lors des manœuvres délicates, cantonnez les enfants à l’intérieur du bateau.

9. Mieux vaut être plusieurs personnes expérimentées à bord d’un bateau.  Montrez à chaque membre de l’équipage, s’ils ne sont pas compétents, comment mettre en panne, mouiller une ancre, utiliser la radio de bord et lancer un message de détresse

10. Restez à bord : ne quittez jamais votre bateau tant qu’il flotte ou votre planche à voile. En cas de problème, ils se repèrent plus facilement qu’un homme à la mer.

Naviguer avec des enfants

Naviguer avec des enfants

Préparer le départ

  • Habituez les enfants à l’eau (tête sous l’eau).
  • L’adaptation des enfants au bateau doit être progressive.
  • Privilégiez la prévention en expliquant aux enfants les dangers existants à bord et la bonne conduite à adopter dans ce nouvel environnement.
  • Développez leur autonomie (sous surveillance constante mais discrète). Les filières munies de filet, les lignes de vie, brassières et harnais iront dans ce sens et sécuriseront tout le monde.
  • Embarquez toutes sortes de jeux et de livres pour occuper les enfants pendant les heures de navigation.
  • Habillez-les d’une façon adéquate (chaussures adaptées –antidérapantes).

Pendant la navigation

  • Vous devez faire preuve d’une disponibilité et d’une vigilance de tous les instants.
  • Vous adapterez votre rythme à celui de vos enfants.
  • Limitez les heures de navigation, les enfants se lassent vite et ont besoin d’activités à terre pour se défouler.
  • Le port du gilet est «obligatoire », en cas de mauvais temps, port d’un harnais.
  • Lors des manoeuvres, les enfants doivent être cantonnés à l’intérieur du bateau.
  • Attention aux coups de soleil et aux insolations (port d’un tee-shirt et d’un chapeau ; utilisation d’une crème solaire écran total passée régulièrement).
  • Faites boire souvent les enfants pour éviter la déshydratation.
  • Attention au froid et à l’humidité, prévoyez des vêtements adaptés.
  • Ne les laissez pas jouer avec les différentes commandes du bateau.
  • Ne laissez jamais un enfant seul à bord.
  • Dès que l’âge le permettra, apprenez-leur les moyens élémentaires de réaction en cas d’accident.

Au mouillage

  • Pensez à tendre un taud pour protéger du soleil.
  • Ne laissez pas traîner d’outils.
  • Attention aux cales-moteurs ouvertes.
  • Ne relâchez pas votre surveillance y compris pour la baignade autour du bateau, même si les enfants savent nager.
  • Ne laissez pas vos clefs de bateau à portée des enfants.
  • Accrochez-les à un porte-clefs flottant.

Alerte canular : 600 € d’amende et 4 mois ferme

Pour “rire”, un farceur joint deux fois le CROSS pour signaler des urgences imaginaires au large d’Agde : un navire en difficulté puis un homme à la mer. Bilan : de coûteuses et inutiles recherches de nuit par météo adverse, puis l’application stricte de la loi avec amende et prison ferme.

Fausse alerte : “je voulais juste rigoler”

“Le rire est le propre de l’homme” a dit le philosophe Rabelais. Et la bêtise ? D’humeur farceuse et inconséquente, un soir d’avril 2016, un jeune habitant de l’Hérault se saisit de sa VHF pour signaler au CROSS un navire en difficulté. Une invention. Pour parfaire son canular, il appelle encore, cette fois depuis son portable, et annonce un homme à la mer. Autre invention. “C’était une farce. Je voulais juste rigoler” s’expliquera-t-il en mars dernier au tribunal de Béziers.

Mais n’anticipons pas. Retour à la soirée du 18 avril 2016. Au CROSS La Garde, ses appels enregistrés sont pris au sérieux même si le requérant a disparu des ondes. On ne joue pas avec la vie d’un homme. D’importants moyens sont engagés. La SNS 211 Terrisse de la station SNSM du Cap d’Agde appareille dans la nuit. Un hélicoptère de la gendarmerie décolle avec ses plongeurs. Les pompiers et leur brigade nautique sont mis en patrouille… Sur une mer agitée commencent de longues et minutieuses recherches. Après de nombreuses heures d’efforts, ces recherches vaines sont suspendues. Au CROSS, le dossier est classé “Fausse Alerte”, faute d’autres éléments. Bientôt le canular est éventé : le numéro et la localisation du plaisantin ont été enregistrés sur les écrans de la salle de commandement où se relayent les permanents du CROSS.

Un délit encadré par la loi

” Désormais, explique-t-on à la préfecture maritime de Toulon, nous poursuivons les appels fantaisistes et déposons plainte au procureur de la République dans la juridiction concernée “.

C’est un délit encadré par la loi. La plainte de la préfecture maritime de Toulon poursuit son chemin. Patrick Toustou, délégué départemental de la SNSM pour l’Hérault, et dont la famille se dévoue pour le sauvetage en mer depuis 140 ans, est intransigeant : “Ne pas réfléchir à la portée de ses actes, cela nous pose un problème”. En fait, un problème triple. Pratique d’abord : “Engagés dans une opération bidon, les Sauveteurs en Mer ne pourront intervenir simultanément pour une urgence justifiée”. Moral aussi : “Sur un appel, les bénévoles abandonnent famille, travail, loisir pour se porter gratuitement au secours d’inconnus et prendre des risques pour les arracher à un danger réel”. Et d’enfoncer le clou : ”  http://pebama.cz/208-dtcz28672-gay-seznamka-záhorovice.html On ne peut se moquer des valeurs qui animent leur engagement désintéressé, leur courage obstiné “. Dernier volet du triple problème, l’aspect financier : ” Pour sauver des vies, rappelle Patrick Toustou, il faut des canots, du carburant, de l’entretien, de la formation. Bref, de l’argent. On ne peut dilapider nos ressources qui, à 79 % sont des ressources d’origine privée (46 % sont des dons collectés auprès du public) “. Or la fine plaisanterie d’avril 2016 a coûté 600 € de carburant pour alimenter les deux puissants Caterpillar C-7 de la SNS 211 Terrisse, ainsi qu’en témoignera son patron, Mathieu Daudé, lors du procès.

Un bilan éloquent

En 2016, le CROSS La Garde et son antenne de Corse ont géré 3 122 opérations, permettant de sauver 1 343 personnes et d’en assister 4 223 autres. Cela ne laisse pas de place à des plaisanteries. D’autant que les canulars (à distinguer des fausses alertes générées de bonne foi par des proches inquiets ou des témoins abusés) sont réprimés par la loi : la sanction peut atteindre 2 ans de prison et 30 000 €. La condamnation du plaisantin de l’Hérault a été plus douce : une amende de 600 € au bénéfice de la SNSM et 4 mois de prison ferme. Dissuasif ? On l’espère quoique la bêtise soit, parfois, le propre de l’homme.

 

D’après un article de Patrick Moreau, paru dans le Magazine Sauvetage n° 140 (2e trimestre 2017).