PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XVII – STEPHANE DAMIAN

Une brillante carrière dans la Marine Nationale.

C’est en 1991 que Stéphane Damian, Baccalauréat d’électrotechnicien en poche, s’engage dans la Marine Nationale et choisit de servir dans la spécialité d’électromécanicien d’aéronautique (Les Marins du ciel….).

Affecté à la flottille 17F, il embarque sur les porte-avions Foch et Clemenceau et participe à la mise en œuvre opérationnelle des Super Étendard lors des missions Balbuzard, Ex-Yougoslavie et Afghanistan. Il participe au déménagement de la flottille 17F de Hyères vers la Base Aéronavale “Landivisiau” et à la transformation de celle-ci sur Super Étendard modernisé

En mars 1996, il obtient son certificat de plongeur de bord. Ses qualités physiques, morales et sa motivation pour le sauvetage lui permettent d’acquérir en 1999 le certificat de plongeur-sauveteur sur tous les types d’hélicoptères en service dans l’aéronautique navale et devient personnel navigant.
Affecté sur Panther à la flottille 36F de Saint-Mandrier en mai 1999, il participe au “tour d’alerte service public” (sauvetage en mer) de la région maritime Méditerranée.

De juillet 1999 à mars 2002, il est affecté à la 36F/Jean Bart comme technicien et plongeur d’hélicoptère du détachement. Il effectue pendant son affectation de nombreuses missions : TLD du Porte-avions nucléaire “Charles de Gaulle”, protection du sommet Européen des chefs d’états à Nice, surveillance du trafic maritime.

De décembre 2001 à février 2002, il participe à la mission Héracles dans le Golfe Arabo-Persique où il obtient deux lettres de félicitations.

De mars 2002 à avril 2003, il est affecté à la Réunion sur la frégate de surveillance “Nivôse” en tant que technicien et plongeur d’hélicoptère du détachement. Avec beaucoup de conscience professionnelle, de détermination, de pugnacité et par des conditions météorologiques souvent sévères, il participe à trois missions de police des pêches en totalisant 85 jours de mer dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises. Il contribue à l’arraisonnement et au convoyage vers la Réunion du  “Lince”  bâtiment contrevenant pêchant illégalement la « légine » en Z.E.E.

A son retour de campagne, il est affecté à la flottille 35F et participe aux missions de celle-ci en qualité de chef cargo et plongeur sauveteur. Il effectue des remplacements sur le site de service public de Cherbourg et contribue au rayonnement de la flottille dans ses missions. Il fait preuve une nouvelle fois d’initiatives et de dynamisme lors du déménagement de la flottille de Saint-Mandrier vers Hyères.

De janvier à juin 2004, il participe à la mission CDG 04 en tant que plongeur d’hélicoptère sur le Porte-avions nucléaire “Charles de Gaulle” assurant à la fois la mission “Pédro” et la surveillance maritime des eaux territoriales du golf d’Aden (mission Agapanthe).

Il obtient le brevet supérieur Avionique en 2005. Affecté au sein du détachement de Service Public de la BAN Hyères (flottille 35F) ou il exerce une activité qui lui tient tant à cœur, celle de la sauvegarde des vies humaines et du secours en mer.

 Au cours de sa carrière de marin du ciel,  il a participé à plusieurs sauvetages en mer dont certains se sont révélés périlleux :

En février 2005, à proximité des côtes de l’île du Levant, il participe de nuit et par conditions météo difficiles à la recherche d’un homme tombé à la mer.

le 31 décembre 2005 à 3h45, il parvient à se hisser à bord d’un voilier de 12m pris en remorque par le Bailli de Suffren II  (canot de sauvetage tout temps de la SNSM de Saint-Tropez). Cet hélitreuillage rendu très difficile par les conditions de mer ont permis au médecin du Samu 83 d’être hélitreuillé à son tour et de porter secours à un skipper Italien gravement blessé à la tête par un coup de bôme ;

Deux jours plus tard, au large des Saintes-Marie-de-la-mer, il récupère de nuit deux pêcheurs qui avaient fait naufrage à bord d’une petite embarcation.

En mars 2006, il sauve d’une mort certaine un véliplanchiste belge, perdu en mer, exténué et en état d’hypothermie.

Mi avril 2006, la presse régionale relate le succès d’une opération de sauvetage à plus de 100 nautiques des cotes : par des creux de 7m et un vent de 55 nœuds, il est treuillé sur un voilier de 9 m (Le Segeta) à bord duquel se trouve une jeune femme en état de choc. En effet, son père vient de passer par dessus bord. Par son calme, son sang froid et son réconfort, il parvient à lui faire reprendre conscience et permet ainsi une évacuation rapide par hélitreuillage. L’homme à la mer est récupéré 10mn plus tard, malheureusement sans vie.

En juillet 2006, il apporte son soutient technique à bord de la vedette de la SNSM de Hyères lors de l’hélitreuillage par civière d’une jeune femme très gravement blessée à la tête par la bôme d’un voilier et qui se trouve dans un état critique. Son action prépondérante a permis un treuillage très rapide et une évacuation immédiate vers l’hôpital.
Fin juillet, le voilier Gui Yann II qui rentre de Corse est en panne moteur par mer forte. Hélitreuillé à son bord, il rassure l’équipage en proie à la panique et organise avec rapidité le treuillage de quatre enfants âgés de 4 à 11 ans ainsi que celui de la mère de l’un d’eux.

En décembre 2006, il effectue un hélitreuillage par civière d’un membre d’équipage du ferry Marakech Express, participe à des recherches d’apnéistes, à des vols de surveillance suite à des pollutions maritime par hydrocarbure.

En 2007 et 2008, il participe à plusieurs sauvetages de vies humaines.

En juin 2010, il participe au mission de surveillance contre la piraterie à bord de la frégate GUEPRATTE avec le détachement 36F.

Il termine sa carrière militaire en participant aux missions Libyennes et Syrienne puis quitte le service actif en février 2013.

Le sauvetage dans la peau

Après une carrière bien remplie dans la marine nationale, il intègre pleinement en 2013 la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) afin de continuer à côtoyer le monde de la mer et une activité de “saint Bernard” des mer…

Canotier, Plongeur SNB1 et SNB2, il participe avec une équipe soudée, bénévole et professionnelle, aux interventions de sauvetages sur le pourtour de la “Grande Bleue”
De plus, il cumule la fonction de Président D’antenne SNSM de Sanary sur mer.

Ce qui lui permet de rencontrer les “Gens de Mer” des port de Sanary, La Coudoulière, le Brusc… et d’avoir des échanges constructifs avec eux (sécurité, réglementations, conseils…)

Stéphane DAMIAN

 “Contrairement au monde professionnel militaire, nous sommes une équipe de bénévoles soudés par l’amitié et le désir de donner pour la bonne cause. Soudés et structurés autour d’un équipage nous faisons bloc pour éviter le pire…

La mer et le monde de la mer apportent beaucoup, mais il ne faut jamais, jamais la sous-estimer.” 
Stéphane Damian.

Un engagement reconnu comme marin et comme sauveteur en mer

Depuis son arrivée à la SNSM de Bandol, il a effectué 170 sorties à la mer dont 37 en opérations de sauvetage au cours desquelles il à secouru 50 personnes en sauvant 3 d’un péril certain.

Le courage et l’abnégation dont il a fait preuve tout au long de sa carrière de marin et de sauveteur en mer lui ont valu de nombreuses citations :

Médaille d’or de la défense nationale du 01 janvier 2002
Médaille de l’OTAN avec agrafe ex-Yougoslavie
Médaille de l’UEO pour les opérations ayant trait à l’ex-Yougoslavie
Médaille commémorative française avec agrafe ex-Yougoslavie (29 mars 1996) et Afghanistan (20 novembre 2002) Libye.
Médaille de vermeil du sauvetage SNSM  du 08 juin 2007
Titre de reconnaissance de la nation pour opérations en Afghanistan et ex-Yougoslavie 
Médaille Union Européenne (Août 2010)
Lettres de félicitations, Citation collective,
Médaille de l’ordre du mérite maritime (contingent B, janvier 2012)
Lettre de félicitation SNSM

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XVI – DOMINIQUE HERVÉ

Qui ne connait pas à Bandol le dynamique patron de SD TRAITEUR – SD BOUCHERIE rue Pierre Toesca. toujours prêt à partir dès que l’alarme retentit, c’est souvent avec son épouse, qu’il a aussi entraînée dans l’aventure, que Dominique part rejoindre la vedette d’intervention pour porter secours aux personnes en difficultés.

Dominique Hervé habite encore au bord du lac de Sainte Croix lorsque le 8 avril 2004, un Canadair en vol d’entraînement percute la surface de l’eau. Deux membres d’équipage seront tués, le troisième gravement blessé.
Trois ans plus tard, en 2007, au même endroit, il ira porter secours à 2 personnes à bord d’un voilier en train de couler. 
Ces 2 faits divers, dont l’un fut tragique ont certainement été le déclencheur,  lorsque il vient s’établir à Bandol et qu’il entend parler de la SNSM, pour devenir Sauveteur en Mer.

C’est en octobre 2016 qu’il intègre les équipages de la vedette d’intervention comme équipier. 
Véritable passionné, il deviendra Sauveteur Nageur de Bord (SNB1) et secouriste diplômé “Premier Secours en Equipe de niveau 1” (PSE1).
Titulaire du permis bateau, il peut embarquer aussi bien à bord de la vedette que du semi-rigide d’intervention. 
Quel que soit les conditions météo, la saison et la température de l’eau, il se mettra à l’eau de jour comme de nuit si le besoin s’en fait sentir pour porter secours et assistance. 

Depuis son arrivée à la SNSM de Bandol, il a effectué  130 sorties en mer dont 72 en intervention.
Il a secouru 150 personnes et en a sauvé 6 d’un péril certain.

Ses actes de bravoure lui ont valu une lettre de félicitations et il recevra prochainement une médaille de bronze pour courage et dévouement.

 

“Etre sauveteur en mer c’est un engagement total, une détermination avec un seul objectif lorsque nous sommes appelés en intervention : ramener dans les meilleures conditions possibles les personnes, mais aussi les biens auxquels nous sommes partis porter secours.
Nous sommes quelquefois confrontés à de terribles situations mais nous sommes formés pour ça.
Nous faisons face et la cohésion et l’esprit de groupe qui règne au sein de la station permettent d’intervenir avec beaucoup d’efficacité.
Je me souviens avec beaucoup d’émotion de cette intervention en 2017, sur une vedette à moteur qui avait explosé près de l’île Rousse à Bandol avec 9 personnes à bord. L’explosion avait provoqué l’arrachement du panneau fermant le compartiment moteur. 3 personnes avaient été éjectées. 2 personnes étaient en urgence absolue, 5 en urgence relative, 2 indemnes, toutes victimes de traumatismes et de brulures à des degrés divers. 
Cette intervention qui avait duré près de 4 heures avait nécessité de nombreux moyens terrestres et maritimes.”

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XV – FRANCK PEPINO

Ingénieur en physico-chimie des matériaux, Franck Pepino est sauveteur bénévole, équipier  embarqué, à bord de la vedette d’intervention “Saint Elme II” à la station de Bandol.

Titulaire d’un BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique) et des brevets de PSE 1 & 2 (premiers secours en équipe), Franck a rejoint la SNSM en 2007.
Il est également titulaire des permis bateaux côtier et hauturier et du CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste).

“J’ai grandi sur la place du marché à Bandol devant l’hôtel de ville et l’église.”

Ma famille maternelle est issue de la pêche à Bandol. Mon Grand-Père Léon BERENGER, ou Petit Pois pour les pêcheurs, était Patron Pécheur à Bandol sur le Bateau “Paul Leon”. J’ai grandi sur la place du marché à Bandol devant l’hôtel de ville et l’église. 
J’ai intégré la station de Bandol l’année du décès de mon grand-père paternel (Viticulteur à St-Cyr). Cela faisait longtemps que je voulais intégrer la Station SNSM de Bandol car j’avais plein de copains qui travaillaient déjà au port, pour la Mer ou près de la Capitainerie.
C’est pour rendre à la MER et à Bandol ce dont elle et ma Famille m’ont donné et m’ont permis de devenir ce que je suis aujourd’hui que j’ai intégré la SNSM.

“Je m’engagerai tant que j’aurai la satisfaction du retour humain et de cette cohésion d’Equipe”

 

Je garde sincèrement avec respect des souvenirs de toutes nos interventions. Parfois ce sont des regards de personnes, des sourires après des larmes, des anecdotes du monde du Sauvetage en Mer.
Je m’engagerai tant que j’aurai la satisfaction du retour humain et de cette cohésion d’Equipe.
Je me souviens de cette  Intervention en mars 2014, par mer forte, pour porter secours à un voilier en difficulté à 10 milles au Sud du cap Sicié,  parti du Port de Bandol il s’apprêtait à rallier le Port de Nice. Nous sommes engagés de nuit à 3h45 avec la SNS 246 pour porter secours à ce voilier avec 3 personnes à bord dont deux malades. Le Mistral souffle à 80km/h et soulève des déferlantes de 3 à 4 mètres. A bord de ce voilier, le moteur est en panne et sa voilure déchirée ne lui donne plus aucun moyen de manœuvre. Le skipper joint un moment par téléphone dit n’avoir ni radio, ni fusées de détresse et ni feux de navigation. Sa localisation pose problème.

Vers 4h30 l’engagement d’un hélicoptère de la Marine et une seconde vedette (la Vedette de saint Mandrier) sont demandés en renfort car le voilier dérive vite vers le Sud. A 05h20 il est finalement repéré, mais les conditions météo empêchent toutes possibilités d’hélitreuillage. Il est décidé dans ce contexte de ramener les occupants en remorquant le voilier jusqu’au Port de Saint Mandrier.
Après un long et périlleux remorquage les 3 occupants seront sauvés et pris en charge par les pompiers à notre arrivée au port. Belle Intervention dont je garderai la beauté du contexte de la mer agitée, la sérénité de l’équipage embarqué et la satisfaction d’avoir sauvé ces personnes d’un péril certain. Belle expérience humaine, menée avec cette équipe, que je garderai humblement en mémoire.

Depuis 2007, Franck Pepino a effectué 440 sorties en mer dont 100 opérations de sauvetage.
Il a secouru 280 personnes et en a sauvé 18 d’un péril certain.
Les actes de bravoure dont il a fait preuve au cours de ces interventions lui ont valu une lettre de félicitations, un diplôme d’honneur et une médaille de bronze pour courage et dévouement.

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XIV – FERNAND JOLY

Fernand Joly
Fernand Joly

25 ans au service du sauvetage en mer

Après une carrière comme directeur des jeux dans les casinos les plus prestigieux de France et d’Europe, Fernand Joly a complété sa vie professionnelle à Bandol en intégrant l’équipe technique de la résidence hôtelière “Le Bosquet”.
Cela fait maintenant 25 ans que cet amoureux de la mer, bien connu des bandolais, a rejoint la station SNSM de Bandol d’abord en tant qu’équipier puis maintenant  comme navigateur au sein de l’équipage de la vedette d’intervention “Saint Elme II”.

Depuis 1998 Fernand Joly a participé à 250 sorties de sauvetage en mer, portant secours à 430 personnes et en sauvant 30 d’un péril certain.
Ces interventions réalisées de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météo, lui ont valu de nombreuses lettres de félicitations et plusieurs médailles de bronze du sauvetage en mer.

 

Fernand, une grande partie de ta vie a été consacrée à porter secours et assistance aux personnes en difficultés en mer, ça laisse des traces, non ?

Oui, évidemment. C’est un grand bonheur que de revenir à bon port en ramenant saines et sauves les personnes en difficultés qu’on a secourues. Après le désarroi et quelques fois la peur qu’on a pu lire sur leur visage, voir dans leurs yeux le bonheur d’être enfin en sécurité, ça fait chaud au coeur.

Et puis parfois un sentiment de colère comme  cette intervention, un jour de fort mistral. Nous avions été alerté par le CROSS, pour une embarcation semi rigide en difficulté à proximité du grand Rouveau, avec quatre adultes à bord et deux enfants dont l’ainé avait tout juste 3 ans. Quand nous sommes arrivés sur les lieux , nous avons trouvé une embarcation en panne de moteur. Nous avons pris en charge les requérants. Les femmes étaient en état de stress alors que le propriétaire du bateau, père de l’un 

des enfants, n’avait en tête que de sauver son bateau neuf qu’il avait absolument décidé, malgré de mauvaises conditions météo, d’essayer ce jour là.
Nous avons été choqué de remarquer que le bateau n’était équipé que de trois gilets de sauvetage pour 7 personnes à bord !
En ramenant tout le monde au port, nous avons réconforté les deux mamans et les deux enfants.

Chaque intervention, m’a permis de donner un sens à cette vocation de sauvetage de la vie humaine.