PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XXII – JEAN-PHILIPPE TOUJAS

Jean-Philippe Toujas
Jean-Philippe Toujas

Proviseur de lycée et sauveteur en mer

Jean-Philippe Toujas assure actuellement la fonction de Proviseur au lycée professionnel de La Coudoulière à Six-Fours-Les-Plages.
C’est grâce au partenariat engagé entre le Lycée et le PNF (Pôle National de Formation) de la SNSM en 2018 qu’il a connu l’équipe de Bandol et qu’il a pu rejoindre la station en décembre 2018.
Depuis, Jean-Philippe Toujas a réalisé 84 sorties à la mer dont 29 sauvetages au cours desquelles il a secouru 92 personnes en sauvant 6 d’un péril certain.

Quand on lui demande quel a été l’élément déclencheur de son engagement, il répond azithromycin tablet 500 mg in hindi “Le 6 mai 2015, j’ai eu la chance de pouvoir sauver d’une noyade certaine une petite fille emportée par le courant sur la petite plage de Guétary (64). Je suis allé la chercher à la nage alors qu’elle était emportée vers le large. Je suis arrivé juste à temps. Je me suis alors aperçu que je pouvais être utile ! “

Passionné par la mer depuis toujours, plaisancier depuis longtemps, il aurait souhaité s’engager à la SNSM avant mais n’avait pas pu faute de temps.
Engagé comme équipier, il s’est formé au PSE1 (premiers secours en équipe) puis au PSE2.
Grâce au stage national organisé à Bandol, il est maintenant SNB1 (sauveteur nageur de bord de niveau 1). Bon bricoleur, il aide aussi à l’entretien des matériels de la vedette. 

Jean-Philippe Toujas engage également « son » lycée auprès de la station de Bandol. Depuis maintenant deux ans, il organise des travaux pratiques délocalisés pour les élèves de la section BAC Pro Maintenance Nautique.
Ceux-ci aident à l’entretien annuel de la vedette SNS 164 mais aussi à l’entretien et à la révision du semi-rigide SNS 665.

Je suis fier de faire partie de cet équipage

“Ce qui me marque le plus dans cet engagement, c’est le professionnalisme de nos sorties. Nous sommes une bande de copains, on passe de bons moments ensemble mais dès que nous appareillons chacun prend sa place et tout est réglé, carré.

Ça va dans le sens de la recherche de qualité mais aussi de la sécurité et j’apprécie cela.
Et puis chaque sauvetage marque, on se rappelle de manière quasi mécanique du déroulement de chaque opération. Comme cette fois où, par fort vent et mer agitée, nous sommes appelés au large de l’île du Grand Rouveau pour une personne ayant fait un malaise sur un petit voilier. Nous arrivons sur zone rapidement, le navire Abeille Flandre a déjà envoyé deux hommes (dont Jeff Bothorel qui est aussi bénévole à la SNSM de Bandol). 

La mer est trop agitée pour s’approcher très près du bateau de la victime. Bruno  Mouchet, patron de la vedette, demande alors au capitaine de l’Abeille Flandre de nous abriter du vent. Quelques instants plus tard, la masse du navire nous protège et nous pouvons engager nos sauveteurs nageurs de bord. La victime est encore consciente, elle est hissée à bord de la vedette d’intervention SNS 164 “Saint Elme II”. Je suis chargé avec Christian Rubeni de faire un premier bilan, nous avons du mal à trouver le pouls et la respiration de la victime qui semble s’endormir. Une suspicion de problème cardiaque est évoquée et vous devons rejoindre au plus vite le port du Brusc où nous attend le Samu. Bruno demande à la navette  à passagers de nous laisser le passage et nous entrons au port à vive allure. La victime a rapidement été débarquée et prise en charge par un médecin. Toute l’opération s’est coordonnée très vite dans une grande maîtrise. Je suis fier de faire partie de cet équipage. “

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XXI- STÉPHANIE HERVÉ

“Quoi qu’elle fasse, la femme doit le faire deux fois mieux que l’homme pour qu’on en pense autant de bien. Heureusement, ce n’est pas difficile.” Charlotte Whitton

Seule femme de l’effectif de la station SNSM , Stéphanie Hervé a pris une place importante au sein de l’équipe des sauveteurs en mer de Bandol. Entrée en 2018, elle a effectué 109 sorties à la mer dont 46 opérations de secours. Elle a ainsi participé au sauvetage de 80 personnes dont 4 ont été sauvées d’un péril certain.

Ancien agent de la fonction publique à la RATP, elle est arrivée à Bandol en 2014 avec son époux Dominique Hervé – lui aussi sauveteur en mer.  Ensemble ils tiennent la boutique SD Traiteur SD Boucherie, rue Pierre Toesca à Bandol. 
Le couple Hervé est encore installé au bord du lac de Sainte Croix lorsque le 8 avril 2004, un Canadair en vol d’entraînement percute la surface de l’eau. Deux membres d’équipage seront tués, le troisième gravement blessé. Trois ans plus tard, en 2007, au même endroit, il iront porter secours à 2 personnes à bord d’un voilier en train de couler. 
Ces 2 faits divers, dont l’un fut tragique ont certainement été le déclencheur,  lorsque arrivant à Bandol Dominique entend parler de la SNSM et décidera de devenir Sauveteur en Mer. Stéphanie le rejoindra 2 ans plus tard.

Equipière à bord de la vedette d’intervention SNS 164 “Saint Elme II”, elle est titulaire du permis bateau et du brevet de premiers secours en équipe (PSE1)

“Je me remémore cette intervention de mai 2019 où nous avons dû lutter contre la montre pour retrouver un kayakiste qui avait chaviré dans une eau à 15° et qu’il fallait absolument retrouver avant que la nuit tombe. C’est dans ces moments qu’on se rend compte que la vie tient à très peu de choses et  de la responsabilité que nous ressentons lorsqu’on est engagé dans ces opérations de sauvetage.

Je suis vraiment heureuse et fière d’avoir été intégrée et acceptée dans cette famille et de pouvoir enfin réaliser ma passion, celle de porter secours à ceux qui sont en difficulté.” 

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XX- DAVID BRUNOT

David Brunot SNSM Bandol
David Brunot SNSM Bandol

Marin professionnel et Sauveteur en mer bénévole

Ce jeune capitaine de navire de 32 ans, originaire de Sanary, a commencé sa  vie professionnelle comme marin. 
Après des études au lycée de la mer à Sète, où il a obtenu un CAP de Matelot puis un BEP Pêche, David BRUNOT a passé ses diplômes de CAPITAINE 200 et de MECANICIEN 750 KW.

Un temps marin pêcheur à Sanary, puis capitaine à bord de navires de tourisme pour la visite des calanques, il a rejoint ensuite la société internationale IXBLUE à la Ciotat, société mondiale de haute technologie spécialisée dans la conception et la fabrication de technologies avancées autonomes, marines et photoniques.
Employé principalement comme marin mécanicien à bord des bateaux de la société,  David en prend régulièrement le commandement comme Capitaine.

C’est par cooptation qu’il rejoint la SNSM en octobre 2014.
D’abord équipier, il devient rapidement chef de pont à bord de la vedette d’intervention.

David Brunot SNSM Bandol

Je suis heureux et fier de faire partie de la famille SNSM

“L’hiver dernier lorsqu’en fin d’après-midi l’alerte est donnée par le CROSSMed pour un homme à la mer, un jeune kayakiste dont l’embarcation s’est retournée, et qui n’arrive plus à remonter à bord, ma seule préoccupation est de tout faire pour que nous arrivions à temps pour le sauver.
L’affaire n’est pas simple car nous ne disposons que d’une position approximative estimée à 5 milles nautiques au sud de l’île de Bendor  (position donnée par la victime qui avait pris la précaution de garder avec elle son téléphone sous enveloppe étanche – ce qui lui a vraisemblablement sauvé la vie).
Quand nous appareillons la mer est formée, le mistral est soutenu, et le soleil va bientôt se coucher. Pas facile dans ces conditions de repérer un kayak dans le creux des vagues, et il nous reste peu de temps avant que la nuit tombe. Heureusement, la couleur orange du kayak finit par accrocher le regard de Max aux jumelles.
Quand finalement nous le hissons à bord de la vedette d’intervention, le jeune kayakiste est en hypothermie et en état de choc. Nous le déshabillons et le réchauffons en le couvrant et en restant collé à lui pendant le retour au port de Bandol où il sera pris en charge par le SAMU dès notre arrivée.
Si nous ne l’avions pas repéré avant la tombée de la nuit nous ne l’aurions probablement pas sauvé.
C’est pour ce genre d’intervention qui nous a permis de sauver une vie, que je suis heureux et fier de faire partie de la famille SNSM.”  David BRUNOT

Titulaire d’une lettre de félicitations pour ses participations aux opérations de sauvetage, David BRUNOT a effectuée 146 sorties à la mer dont 59 de sauvetage au cours desquelles il a secouru 150 personnes en sauvant  15 d’une mort certaine.

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XIX- JEAN-FRANÇOIS COTTIN

Jean-François Cottin
Jean-François Cottin

Après une longue carrière dans le domaine maritime, comme directeur de travaux maritimes côtiers (aménagements portuaires, émissaires en mer) sur le littoral méditerranéen français pendant 17 ans, puis comme manager d’opérations et de gestion de moyens navals offshore (barges de travail et de pose de pipe) pour la réalisation de travaux maritimes parapétroliers en Afrique de l’Ouest pendant 18 ans, au sein d’entreprises internationales, Jean François Cottin est venu rejoindre les rangs de la SNSM de Bandol en 2017.

Ingénieur de formation, il participe à la mise en place d’un logiciel de GMAO (Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur) afin de développer le suivi de l’entretien de la vedette de sauvetage de la station de Bandol.
Mais c’est surtout comme sauveteur en mer embarqué qu’il donne bénévolement de son temps afin de porter secours aux navires et embarcations de tous types en difficulté.
A bord de la vedette d’intervention “Saint Elme II” il occupe le poste de chef de pont. Depuis 2017, il a effectué 154 sorties à la mer, dont 58 de sauvetage, portant secours à 82 personnes.

 

Jean-François Cottin SNSM Bandol

this content Jean-François, qu’est-ce qui t’as incité à rejoindre les sauveteurs en mer ?    
“A la base, j’ai toujours été attiré par la mer ! Pendant mes études, j’ai passé mon BE de
maitre-nageur sauveteur et je l’ai utilisé pour travailler en saisonnier. Je pratiquais également à cette époque le funboard dès que le mistral se levait, à l’Almanarre et à Brutal Beach (avant la création des épis…). Plus tard, je suis devenu plaisancier pendant 10 ans sur un voilier de 9 m avec lequel j’ai navigué en famille dans notre région et en Corse. Et je n’ai pas lâché la mer au cours de ma carrière professionnelle. Même aujourd’hui, je maintiens à jour de recyclage mon BE de MNS…
Chaque fois que j’apercevais la vedette SNSM dans le port de Toulon où stationnait mon bateau, l’idée de les rejoindre me trottait dans la tête et je m’étais renseigné, mais je n’avais pas la disponibilité nécessaire. « Sortir en mer quand les autres bateaux rentrent au port » pour porter secours bénévolement…c’est une idée séduisante, non ?”

“Les sauveteurs en mer viennent de tous horizons : à Bandol on a des pompiers, marins, militaires, enseignants, artisans, … il y a même un banquier ! Mais c’est un bon mélange, chacun amène ses compétences, son enthousiasme, sa disponibilité et au final l’esprit d’équipe est là. Lorsqu’on part en intervention, on ne sait pas ce qu’on va 

 trouver. L’équipage est concentré, place à l’action, l’adrénaline est là, j’aime ça. Au début, l’astreinte de devoir rejoindre la vedette en 15 mn à tout moment pendant 2 semaines était une contrainte stressante mais je m’y suis habitué, d’autant plus qu’il y a une bonne entente dans notre équipe de chefs de pont pour se relayer en cas d’indisponibilité. J’ai eu la chance de connaître l’ancienne vedette SNS265, puis l’arrivée en 2018 de la nouvelle SNS164 qui nous a demandé des efforts pour nous adapter à ses équipements plus complexes. Le déploiement de la GMAO dans la station est une opportunité qui m’intéresse et je compte m’appuyer à cette occasion sur mon expérience de gestionnaire de flotte.”

buy antabuse implant Quelle intervention t’as le plus marqué ?
Lors de ma 1ère intervention le 05/03/2017, le Cross nous a engagé pour secourir un bateau signalé à la dérive au large de Bandol. Nous avons localisé le navire et en arrivant sur zone, nous avons constaté qu’il s’agissait d’un voilier démâté avec les voiles arrachées, immatriculé à Palavas. Une combinaison de plongée en train de sécher et de la nourriture se trouvaient dans la cabine qui était ouverte, mais il n’y avait personne à bord. Le Cross avait réussi à identifier le propriétaire, mais son téléphone ne répondait pas. Il y avait une forte présomption que le skipper soit tombé à l’eau en cours de navigation pendant le coup de vent de la veille. Tristes à l’idée de la probable disparition du marin, nous avons remorqué le bateau jusqu’à Bandol. Plus tard, le propriétaire finit par rappeler le Cross : son voilier, au mouillage à La Ciotat, avait rompu son amarre et avait dérivé depuis la veille…Heureuse fin.