SAUVETAGE – VEDETTE DE 14 METRES VICTIME D’UNE VOIE D’EAU

Lundi 8 juillet à 16h48, les deux moyens d’intervention de la SNSM Bandol sont engagés par le CROSSMed pour porter secours à une vedette de 14 mètres avec 2 personnes à bord.

La  vedette, victime d’une voie d’eau et en panne de propulsion, dérive dangereusement vers les rochers près de la Coudoulière à Sanary.
L’équipage du semi-rigide d’intervention SNS 665 arrivé le premier sur zone, monte à bord et constate que la rupture d’une durite du circuit de refroidissement est à l’origine de la voie d’eau dans la cale moteurs. La voie d’eau est stoppée.
Les moteurs en surchauffe se sont mis en sécurité et le navire n’est plus manoeuvrant.

La vedette “Saint Elme II” arrive également sur zone et une remorque est passée.
Le navire sera remorqué vers le port des Embiez où il sera pris à couple avant d’être amarré en sécurité.

Photos : Cédric Thomas

 

Équipage vedette :
Bruno Mouchet (patron), Max Blot, Jean Philippe Toujas, Stéphanie Hervé, Cédric Thomas 

Equipage semi-rigide :
Jean Sébastien Richer 
Dominique Hervé

Bilan de l’opération : 1 navire ramené à bon port et 2 personnes secourues

 

UNE SAINT ELME SOUS LE SIGNE D’UN HOMMAGE

 La fête de la Saint Elme placée dans le cadre du Mille SNSM / Journées nationales de collecte a débuté par un moment empli d’émotion lorsque, après s’être rendu à l’église déposer quelques roses aux pieds de la statue de Saint Elme, le président JL Cercio entouré des sauveteurs en mer Bandolais a rendu un hommage poignant aux 3 sauveteurs décédés aux Sables d’Olonne.

Après une remise de médailles de courage et dévouement de la SNSM aux sauveteurs Jean Sébastien Richer (médaille d’argent), Karl Ardeneus (médaille de bronze), Dominique Hervé (médaille de bronze) Jeff Bothorel (médaille de bronze), de la plaquette de reconnaissance de la SNSM à Gérard Marhic et Fernand Joly, de lettres de félicitations à Julien Medieux , David Brunot,  Christian Rubeni, et d’une lettre de remerciement à Christian Gicquel,

A l’issue, 350 personnes ont pu embarquer gratuitement sur les vedettes à passagers Atlantide 1 et Île de Bendor pour accompagner la vedette Saint Elme II entourée des vedettes de la Gendarmerie maritime et des Affaires maritimes, des pêcheurs, des pointus, des plaisanciers, jusqu’au remorqueur Abeille Flandre venu mouiller en baie pour l’occasion.

Après la bénédiction en mer par le curé Marius Boyer et le jet de fleurs en mer en souvenir des sauveteurs et marins disparus, tous ont pu assister à l’impressionnante manœuvre d’helitreuillage du plongeur de l’hélicoptère Panther de la Marine Nationale sur le pont de la vedette de la SNSM.

La journée s’est poursuivie sur la plage où 300 personnes sont venues partager une paella avec les sauveteurs.

L’après-midi, le président de l’UDPS83 Jean Luc Decitre a décoré 3 sauveteurs de la station également sapeurs pompiers, David Amico, Jean Noël Huvelle et Christian Rubeni, de la médaille d’honneur de l’Union Départementale des sapeurs Pompiers du Var.

Puis tous ont pu assister à une démonstration des maîtres chiens sauveteurs aquatiques, la démonstration des parachutistes de précision par les anciens du Commando Hubert ayant dû être annulée du fait des conditions de vent défavorables. 

 Photos : Pierre Paoli 

LES MEDIAS AU SECOURS DE LA SNSM – LA PRISE DE CONSCIENCE SUR LA RÉALITÉ DU SAUVETAGE EN MER

Une situation inédite

Rendez-vous compte, c’est à 8000 bénévoles qu’on a confié le sauvetage de vies humaines en mer.
8000 bénévoles mais professionnels par le haut niveau de qualification obtenu par l’expérience et surtout par une formation continue et des entrainements poussés. 8000 bénévoles a qui on demande, de surcroît, de prendre en charge et d’assurer le financement de leurs moyens d’intervention et de leurs équipements.

Vous pensez que c’est impossible, que ces informations sont forcément erronées. 
Et pourtant c’est la réalité du Sauvetage en Mer dans notre pays.

Ces hommes et ces femmes, bénévoles,  qui n’hésitent pas à prendre la mer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, quelles que soient les conditions météo, pour aller porter secours à des personnes en difficultés, qu’ils soient marins professionnels, plaisanciers ou simples baigneurs sur les plages, ne demandent rien  à titre personnel, ils veulent seulement pouvoir le faire dans les meilleures conditions de sécurité, pour eux-mêmes comme pour les victimes à qui ils partent porter assistance.

Alors doivent-ils, au delà de leur engagement de sauveteur en mer, aller quémander pour pouvoir effectuer correctement les missions qui leur sont confiées.
La réponse est évidemment NON.

Il y a un avant et un après

Jusqu’à maintenant, on pouvait imaginer que le public n’était pas suffisamment informé. Ils étaient nombreux ceux qui étaient encore persuadés, malgré de nombreuses campagnes d’informations, que la SNSM était un corps d’état, au même titre que les pompiers ou d’autres unités de la gendarmerie dédiées au sauvetage en montagne par exemple.  Et bien non, il faut le redire sans cesse, les Sauveteurs en Mer de la SNSM sont tous bénévoles. Ils ne perçoivent strictement rien pour accomplir leur mission.

Il aura fallu ce drame affreux des Sables d’Olonne et que tous les médias,  au delà de l’information que constitue la disparition tragique de ces trois hommes valeureux, s’emparent de l’affaire et décident de mettre en lumière ce à quoi nous sommes confrontés, presse écrite, télés, radios, réseaux sociaux, tous, à coup d’interviews et de reportages, pour qu’enfin plus personne  ne puisse ignorer la situation du sauvetage en mer dans notre pays.

A quoi faut-il faire face

Le budget de la SNSM s’élève pour 2019 à 32 millions d’euros .
L’état qui dans un passé lointain prenait à sa charge environ 50% des besoins sous forme de subventions, avait progressivement réduit sa participation pour atteindre seulement 8% depuis une dizaine d’années avant de remonter pour atteindre 20% en 2018, soit un peu plus de 6 millions d’euros.
La SNSM qui ne compte que 85 salariés pour 8000 bénévoles doit déployer une énergie considérable pour ramener les 26 millions d’euros que représentent les 80% de financement manquants.
Les sources de financement privé sont diverses, mécénat, entreprises impliquées, particuliers divers, plaisanciers, professionnels  de la mer. 
La flotte vieillissante oblige aujourd’hui à lancer la construction de 70 nouveaux bateaux, dont 40 canots tout temps,  pour un coût unitaire moyen de 1,5 Mio €. 
Cela représente un investissement considérable qui a commencé à être  provisionné depuis plusieurs années. 
Les autres postes importants sont les équipements, les formations des sauveteurs, l’entretien des bateaux

Les solutions

donnait les grandes lignes de ce que pourraient être les sources à venir de ce financement.
Il était pointé du doigt la faible mobilisation des plaisanciers pour aider les Sauveteurs en Mer, avec seulement 12% de propriétaires de bateaux qui font un don.
Si nous mettons en perspective les 950 000 bateaux immatriculés en France au 31 aout 2016 avec les 110 000 plaisanciers donateurs (dont seulement 50 000 contribuent de façon régulière), on voit bien qu’il y a un sérieux problème.
Que 88 % des plaisanciers (activité de loisirs) ferment les yeux sur les difficultés que rencontrent ceux qui sont censés les secourir et les sauver est profondément dérangeant.

On le voit bien, si l’ensemble des 950 000 propriétaires de bateaux immatriculés faisaient un don annuel de 30 euros, défiscalisés à 66%, soit l’équivalent d’une place de cinéma, le problème du financement de la SNSM serait résolu.

Alors faut-il instaurer une nouvelle taxe aux usagers de la mer comme le préconisent certains ?

Plutôt que créer une nouvelle taxe, pourquoi ne pas réaffecter des recettes déjà existantes ?. Les gros bateaux de plus de 7 mètres sont soumis à un droit annuel de francisation (DAFN), qui rapporte chaque année plus de 50 millions d’euros à l’Etat. Sur cette somme, 37 millions sont consacrés à la préservation du littoral. Il reste 13 millions qui vont directement dans les caisses de l’Etat, alors pourquoi ne pas en reverser une bonne partie au sauvetage en mer qui est une mission régalienne de service public.
Et pourquoi pas une fiscalité même minime pour la délivrance des cartes de circulation des bateaux de moins de 7 m qui représentent près de 80% des bateaux immatriculés et qui ne sont assujettis à aucun droit de navigation.
Enfin, une taxe sur les assurances, serait aussi une solution à condition de la rendre obligatoire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

PORTRAIT DE SAUVETEUR EN MER – XVI – DOMINIQUE HERVÉ

Qui ne connait pas à Bandol le dynamique patron de SD TRAITEUR – SD BOUCHERIE rue Pierre Toesca. toujours prêt à partir dès que l’alarme retentit, c’est souvent avec son épouse, qu’il a aussi entraînée dans l’aventure, que Dominique part rejoindre la vedette d’intervention pour porter secours aux personnes en difficultés.

Dominique Hervé habite encore au bord du lac de Sainte Croix lorsque le 8 avril 2004, un Canadair en vol d’entraînement percute la surface de l’eau. Deux membres d’équipage seront tués, le troisième gravement blessé.
Trois ans plus tard, en 2007, au même endroit, il ira porter secours à 2 personnes à bord d’un voilier en train de couler. 
Ces 2 faits divers, dont l’un fut tragique ont certainement été le déclencheur,  lorsque il vient s’établir à Bandol et qu’il entend parler de la SNSM, pour devenir Sauveteur en Mer.

C’est en octobre 2016 qu’il intègre les équipages de la vedette d’intervention comme équipier. 
Véritable passionné, il deviendra Sauveteur Nageur de Bord (SNB1) et secouriste diplômé “Premier Secours en Equipe de niveau 1” (PSE1).
Titulaire du permis bateau, il peut embarquer aussi bien à bord de la vedette que du semi-rigide d’intervention. 
Quel que soit les conditions météo, la saison et la température de l’eau, il se mettra à l’eau de jour comme de nuit si le besoin s’en fait sentir pour porter secours et assistance. 

Depuis son arrivée à la SNSM de Bandol, il a effectué  130 sorties en mer dont 72 en intervention.
Il a secouru 150 personnes et en a sauvé 6 d’un péril certain.

Ses actes de bravoure lui ont valu une lettre de félicitations et il recevra prochainement une médaille de bronze pour courage et dévouement.

 

“Etre sauveteur en mer c’est un engagement total, une détermination avec un seul objectif lorsque nous sommes appelés en intervention : ramener dans les meilleures conditions possibles les personnes, mais aussi les biens auxquels nous sommes partis porter secours.
Nous sommes quelquefois confrontés à de terribles situations mais nous sommes formés pour ça.
Nous faisons face et la cohésion et l’esprit de groupe qui règne au sein de la station permettent d’intervenir avec beaucoup d’efficacité.
Je me souviens avec beaucoup d’émotion de cette intervention en 2017, sur une vedette à moteur qui avait explosé près de l’île Rousse à Bandol avec 9 personnes à bord. L’explosion avait provoqué l’arrachement du panneau fermant le compartiment moteur. 3 personnes avaient été éjectées. 2 personnes étaient en urgence absolue, 5 en urgence relative, 2 indemnes, toutes victimes de traumatismes et de brulures à des degrés divers. 
Cette intervention qui avait duré près de 4 heures avait nécessité de nombreux moyens terrestres et maritimes.”