LES SAUVETEURS EN MER EN STAGE SUR L’ILE DE BENDOR

useful link Du 14 au 18 octobre, la station SNSM de Bandol a organisé un stage national de formation de Sauveteurs Nageurs de Bord SNB1.

Comme à chaque fois, il s’est déroulé dans le cadre enchanteur de l’île de Bendor dont les installations et hébergements ont été mis gracieusement à disposition par la société Paul Ricard.

Ce stage  placé sous la direction d’Eric Deferrari de la station de Bandol, en présence de Pascal Fort du pôle national de formation de Saint Nazaire, a permis de former 12 stagiaires, venus de toute les côtes de France, encadrés par 10 formateurs. 

Plages, falaises, rochers, vagues, houle, toutes les conditions étaient réunies pour mettre les stagiaires en situations réelles d’intervention avec des exercices de jour comme de nuit qui ont permis à ces hommes et ces femmes de valider leurs compétences pour devenir Sauveteurs Nageurs de Bord de niveau 1.

Maintenant, qualifiés sauveteurs nageurs de bord SNB1, c’est à partir des vedettes et canots de la SNSM, qu’ils pourront, à la nage et par tous les temps, aller secourir les personnes en difficulté ou apporter des remorques à des navires échoués.

BILAN DE L’ETE – UNE SAISON ESTIVALE PARTICULIEREMENT CHARGEE

Sauvetage SNSM Bandol
Sauvetage SNSM Bandol

Une saison estivale particulièrement chargée

A Bandol, avec une soixantaine d’opérations de sauvetage, la saison estivale a été particulièrement chargée pour les sauveteurs en mer bénévoles de Bandol.

Avec la rentrée scolaire, la saison estivale 2020 s’est achevée.
Un point sur les mois de juin, juillet et août, nous permet d’avoir un premier sentiment sur la teneur de cette saison en cours et d’en dresser un premier bilan:

Nos Sauveteurs Embarqués Bandolais qui arment la vedette SNS 164 “Saint Elme II” et le semi-rigide SNS 665 sont intervenus 60 fois dont 12 fois la nuit, principalement au profit de plaisanciers et de pratiquants de loisirs nautiques.

Une augmentation significative du nombre de secours à personnes

Les avaries restent la première cause des interventions et concernent principalement les avaries moteur, les hélices engagées, les avaries de barre, les ruptures de mouillage, et les voies d’eau.
Les échouements, souvent liés à une méconnaissance du secteur géographique représentent la deuxième cause de nos interventions.
Enfin, nous avons dû faire face à une augmentation significative du nombre de secours à personnes (blessures, accidents de plongée et d’apnée, malaises, mal de mer…) et avons eu malheureusement à déplorer 3 décès.

Le volume opérationnel de nos Sauveteurs Embarqués est apparu beaucoup plus dense par rapport aux années précédentes, et même s’il est certainement prématuré de tirer des conclusions définitives sur les raisons qui ont conduit à cet accroissement exceptionnel de sorties opérationnelles, certains facteurs impactant semblent pouvoir se détacher :

1) Le facteur météorologique : nous avons connu un été particulièrement beau avec une très forte chaleur et peu de vent, propice aux sorties en mer.

2) Le facteur économique : nous avons connu une fréquentation en hausse de notre littoral liée à la crise de la Covid-19 avec de nouveaux pratiquants inexpérimentés méconnaissant manifestement les risques liés aux dangers de la mer.

3) le facteur entretien : Un grand nombre d’assistances diligentées pour des avaries mécaniques laisseraient préjuger un manque d’entretien du flotteur préalablement aux sorties en mer, certainement dû à l’impossibilité d’accès aux pontons durant le confinement.

Pour conclure, nos sauveteurs bénévoles ont su faire preuve d’un engagement sans faille, et grâce à leurs compétences, leur dévouement et leur générosité, ont permis à de nombreuses reprises que “l’eau salée n’ait le goût des larmes”.

SAUVETAGE DE NUIT DE 2 ADULTES ET 3 ENFANTS SUR UNE VEDETTE ECHOUEE DANS LES ROCHERS

Echoués de nuit sur les rochers de La Cride

Le 29 août à 23h33, le CROSS MED est contacté par une vedette de 7.50 m qui s’est échouée sur les rochers de la pointe de La Cride avec 2 adultes et 3 jeunes enfants à bord. Le vent de mistral et la houle d’ouest ballotent la vedette bord sur bord contre les rochers.

Le CROSS MED engage nos 2 moyens de sauvetage la vedette SNS 164 Saint Elme II et le SR SNS 665 pour leur porter secours.

A 00h00 les 2 moyens sont sur zone. Malgré la frayeur et l’état du bateau, aucun passager n’est blessé. Notre semi-rigide transborde toute la famille sur la vedette Saint Elme II.

Investigations des oeuvres vives par nos plongeurs, la vedette présente une voie d’eau et de nombreuses traces de ragage. Après analyse des risques, et bien que la manœuvre d’extraction s’avère délicate en pleine nuit au milieu des rochers, décision est prise de le déséchouer au plus vite pour éviter une pollution. 

Un sauveteur embarque sur la vedette requérante préparer la manœuvre : elle sera d’abord extraite des rochers par l’arrière, remorque frappée sur le biton avant de la Saint Elme II, puis une fois dans des eaux claires, la Saint Elme II évitera et la remorque sera établie sur le biton arrière pour assurer le remorquage en ligne. 

A 00h30, le déséchouage est effectué suivant la manœuvre convenue, le convoi fait route vers le port de Bandol. 

A 00h50 les naufragés sont débarqués en sécurité au port.

A quai, une nouvelle investigation de la coque est effectuée par nos plongeurs.

Devant l’ampleur de la voie d’eau, la vedette risque de sombrer dans la nuit. Dans l’attente de la venue du responsable de l’aire de carénage pour gruter l’embarcation, nos sauveteurs mettent en œuvre la motopompe d’assèchement pour maintenir la vedette à flot. 

A 2h00, avec la collaboration du responsable de la zone de carénage tiré de son sommeil, la vedette est sortie de l’eau. 

Opération close pour ce sauvetage qui aura duré plus de 3 heures.


SAUVETAGE – 3 PERSONNES ET UN CHIEN À LA MER

Mayday Relay et SNSM Bandol engagée

Le lundi 29 juin à 17h10, le CROSS MED est contacté par par la vedette IGUAZU se signalant en panne de moteur au nord de l’île des Embiez. Le vent d’ouest souffle à 25 nds , la mer est agitée

A 17h30, le CROSS MED n’arrivant plus à joindre l’IGAZU lance un Mayday Relay et engage la SNS 164 Saint Elme II pour recherche et sauvetage. 

La vedette Saint Elme II se rend au point indiqué et tente de repérer l’embarcation en difficulté. Rien ! Pas l’ombre d’une coque chahutée par les flots.

Un témoin permet de localiser les naufragés

A cet instant, notre équipage ne peut pas savoir que la position donnée par le plaisancier est basée sur de mauvais repères visuels. Nos sauveteurs ne savent pas non plus que que le bateau a chaviré et que ses 3 occupants, sans gilets de sauvetage, sont cramponnés à l’embarcation tandis que le chien est coincé sous la coque. Le sort des naufragés parait mal engagé. Et pourtant ! Depuis sa villa, un témoin aperçoit au large ce qu’il pense être une coque retournée. Il n’est pas certain, mais dans le doute, il téléphone aux pompiers.

A 18h10, le CROSS MED dispose enfin d’une position. La vedette Saint Elme II fait route et appelle en renfort son semi-rigide SNS 665 et 15 minutes plus tard les sauveteurs repèrent les naufragés agrippés au bateau retourné. Entre-temps, le propriétaire a plongé sous la coque et a réussi à dégager son chien qui a survécu grâce à une poche d’air. Choqués et en légère hypothermie, le couple et sa fille sont recueillis, réchauffés, rassurés.

Tout le monde est sain et sauf et le bateau est sauvé

Un bilan est fait avec le médecin du SAMU. A 18h50, les naufragés sont débarqués et conduits à la station, conscients d’avoir échappés de peu à la noyade. Par chance, notre nageur de bord a a également réussi à retrouver sous la coque la sacoche avec les clés de leur voiture et de leur maison.

Le travail n’est pas terminé puisqu’il faut récupérer la coque à demi-immergée qui présente un danger pour la navigation.

A 19h20 les 2 moyens nautiques appareillent à nouveau. Après avoir percutée une survie amarrée à la coque pour assurer sa flottabilité, une remorque est passée sur le brion et le convoi fait route vers Bandol. 

A 21h00 la Saint Elme II entre dans le port de Bandol et l’IGUAZU est sorti de l’eau.

A 21h20 opération close pour ce sauvetage qui aura duré plus de 4 heures.